Chianale

Le versant italien du Col Agnel, nous conduit au premier village italien, Chianale. C’était la première étape après le col, pour tous les transferts marchands entre la France et l’Italie.
Ce village entièrement construit en pierre (murs de pierre et toitures en lauzes), garde la trace de l’identité française d’avant le Traité d’Utrecht en 1713. Sur certaines maisons, il y a encore des poutres gravées en langue française.
Agréables déambulations dans ce lieu.

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Col Agnel

Situé à 2744 mètres d’altitude sur le territoire de la commune de Molines, le Col Agnel l’une des 3 portes d’entrée du Queyras, mais la seule depuis l’Italie, et quelle porte !
Un haut lieu d’échange entre France et Italie, et même théâtre de faits historiques majeurs, qui a acquis au XXème siècle de la notoriété via le passage des plus grandes courses cyclistes.
Il matérialise la ligne de partage des eaux entre deux fleuves : la Durance côté français et le Pô côté italien.

Un peu d’histoire (informations extraites de l’excellent site dont vous avez le lien plus haut).

  • Le Col est un col d’accès ancestral entre France (Queyras) et Italie (Val Varaita). Italiens et Français ont échangé pendant de nombreux siècles des marchandises, du bétail, des denrées agricoles, des minerais, etc.
  • En 1499 Louis XII envahit, avec l’aide de mercenaires suisses, le duché de Milan, alors fief du Saint-Empire Germanique. Suite au non respect d’une promesse, les suisses changèrent de camp et aidèrent le pape et l’ancien Duc de Milan à chasser les français, ce qui fut fait en décembre 1512. Louis XII tenta jusqu’à sa mort de reprendre ce duché, en vain. Il fallut attendre la fougue du jeune François 1er tout juste monté sur le trône pour que le duché revienne dans le royaume de France. Le col Agnel a ainsi facilité l’épisode de la traversée des Alpes par les troupes de François 1er, ce qui permis la victoire de Marignan.
  • Suite à la mort de l’empereur d’Autriche Charles VI en 1740, les rois de France, de Prusse, d’Espagne, de Naples, de Pologne et de Sardaigne se disputent l’héritage. Le roi de France s’allie avec l’Espagne. Les « Gallispans », troupes franco-espagnoles, s’opposent aux Anglo-Sardes. Louis XV, roi de France, déclare la guerre à Charles Emmanuel III Roi de Sardaigne, avec l’intention de reprendre ce qu’il avait dû céder au Piémont en vertu de l’article 4 du traité d’Utrecht de 1713. Cette armée mise en œuvre, va passer par le Col Agnel pour atteindre l’Italie.
  • Le Col Agnel vit aussi passer les Piémontais pilleurs pendant la révolution française.
  • Jusque dans les années 1970, la route n’était qu’un gros sentier muletier, quelque peu transformé suite au passage des troupes militaires du XVIIIème siècle. Sa transformation en route carrossable a été lancée sous l’impulsion du Général Guillaume, natif et maire de Guillestre (1959-1971), un des chefs militaires les plus brillants de la seconde guerre mondiale. En 1973, le chemin fait place à une vraie route : elle est baptisée « route du Général Guillaume ». Une stèle à son hommage est d’ailleurs érigée au rocher dit d’Hannibal, sur la route du Col.

Une fois ouverte à la circulation, la route du Col Agnel est fortement empruntée, car elle permet d’accéder côté Italie à la vallée de Sanpeyre, puis à Cunéo, porte du Piémont. Elle est fermée l’hiver.

Et lorsqu’il fait beau, en haut du col, la vue est grandiose sur les Alpes françaises et italiennes

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Col de l’Izoard

Le premier tracé de la route du Col de l’Izoard (2361m) daterait de l’époque de Vauban : elle apparaît en 1710 sur les cartes de l’ingénieur ordinaire du roi La Blottière, collaborateur de Vauban, qui réalisa une étude approfondie des massifs alpins du Dauphiné, de la Savoie et du Piémont et les premières cartes détaillées (au 1/72.000e)
La route a été ensuite rendue carrossable entre 1893 et 1897 par les troupes conduites par le Général Baron Berge (Bataillons de Chasseurs Alpins, Régiments d’infanterie Alpine, régiment du Génie notamment de Chateau-Queyras).
C’était donc d’abord une route militaire stratégique, facilitant le mouvement des troupes pour protéger la frontière franco-italienne. La priorité était de rendre carrossable les anciens chemins d’alpage, afin que les troupes puissent rapidement passer d’une vallée à l’autre.
Par le versant Sud, la Casse Déserte, zone extrêmement rocailleuse (pitons de cargneules), est décrite par certains comme lunaire. La présence d’éboulis et de crêtes rocheuses résultent de l’érosion différentielle affectant les roches.
Inscrit à la Route des Grandes Alpes, c’est une ascension mythique du Tour de France. Dernier passage en 2014, et futur passage en 2017 !
Le col est l’une des porte d’entrée dans la vallée et le Parc Naturel Régional du Queyras, et marque la séparation entre le Briançonnais et le Queyras.
Sur le versant Nord, un refuge Napoléon identique à celui déjà vu dans le Col de Vars, et dont je vous ai déjà parlé.

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Saint-Véran

Prenons de l’altitude ! Saint Véran est « la plus haute commune où se mange le pain de Dieu », comme le rappelle l’un des 26 cadrans solaires de ce village.
La présence des hommes à 2040m d’altitude s’exprime notamment au travers de ses fameux chalets à fustes, granges faites de troncs d’arbres empilés et croisés aux angles (non jointifs, ils laissent passer l’air pour sécher le foin et le grain), et aux toits couverts de bardeaux en mélèze. On faisait entrer le foin par une porte profitant de la pente à l’arrière de la maison.
Les plus anciennes maisons datent du 16è siècle, et constituent un modèle d’architecture en Europe.
Dans ce village, le soleil est là 300 jours par an, mais l’hiver est long (7 mois et 200j de gel) et la neige est là de novembre à avril (de 1.5m à 7m).
Le village présente encore le four banal, où l’on cuisait le pain pour des mois.
Des Croix de Mission ont été érigées entre 1920 et 1928, surmontées d’un coq (le coq chantera 3 fois pour le reniement de Pierre), ce qui explique peut être aujourd’hui la devise « Saint Véran, là où le coq picore les étoiles ».

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Molines en Queyras

Molines est irriguée par l’Aigue Agnelle, descendant du col du même nom qui sert de frontière avec l’Italie, à une demi-heure de voiture. Aigue signifie « eau ». La végétation ligneuse à cette altitude est essentiellement résineuse. Elle est constituée principalement de mélèzes qui ont la particularité de roussir en automne avant de perdre leurs aiguilles en hiver. La flore est colorée pour s’adapter au climat de montagne: la plante emblématique car récurrente est l’épilobe, aux longues tiges dominées par une fleur fuchsia.
L’église Saint-Romain (ça ne s’invente pas…) de Molines, détruite pendant les guerres de religion, fut reconstruite entre 1628 et 1637 (et rénovée récemment). Les cloches sont apparentes en haut d’un clocher carré couvert d’une toiture en mélèze. Juste à côté le cimetière, dont des tombes du 19è siècle ont disparu. Seules subsistent d’émouvantes plaques émaillées en forme de coeur, accrochées au mur du clocher. L’intérieur est remarquable par sa profusion baroque.

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Chateau Queyras

Etonnante forteresse juchée sur un piton rocheux, dont la masse est si imposante qu’elle ne concède qu’un étroit goulet à l’entrée de la vallée.
Le fort : de son origine, on ne sait rien.Il fut bâti au moyen âge et subit des remaniements au cours des siècles suivants.
Il retrouve de l’intérêt au moment où les troupes du Duc de Savoie menacent la frontière à partir de 1690. Vauban est alors envoyé sur place pour inspecter les lieux et les renforcer. Il dote alors le fort de tout ce qu’il adore : escarpe, fossés, contrescarpe et demi lune.
La garnison du Roi Soleil, attendant dans l’ennui que le Duc de Savoir renouvelle une attaque (1692), en fit voir de toutes les couleurs aux habitants, dont les plaintes sont conservées dans l’armoire aux huit serrures, aux archives de la commune.
Les découvertes des villages environnants, donnent toujours une vue différente de ce site photogénique.

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Ceillac et le vallon du Mélezet

Après avoir descendu la Combe du Queyras, où la route se dispute la place avec le Guil, paradis des kayakistes, nous voilà en vue de Ceillac, joli village blotti au pied du Pic de la Font Sancte (3385m). Le guide Michelin dit que ce village est le phénix du Queyras.
L’église est dominée par un curieux clocher ouvert, du XVIème siècle, comprenant 6 cloches, sous un abat-son.
Les troupeaux de moutons broutent en liberté parmi les mélèzes jusqu’au fond du vallon du Mélezet, parsemé de hameaux.
Une promenade paradisiaque !

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Lac de Roue

Départ de la randonnée juste au dessus du village où se trouve le gîte. 200m de dénivelé. L’arrivée au lac est une belle récompense. Les eaux sont claires, les feuilles des plantes aquatiques tapissent en partie la surface du lac. Les sommets environnants se reflètent dans l’eau.
En automne les mélèzes changent de couleur avant de perdre leurs aiguilles. Les habitants disent alors que le Queyras est un petit « Canada »… cela donne l’eau à la bouche !
Au cours de la balade, belles vues sur les petits villages accrochés à la montagne.

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Haut Queyras

4 jours déjà que le début de ce nouveau voyage a eu lieu, et je suis un peu en retard dans les publications.
Prenons l’histoire en route.
Le Queyras (on se prononce pas le « s ») est un Parc Naturel Régional grandiose, dans son cirque supérieur dominé par le Mont Viso (3841m, point culminant italien). Ses villages sont parmi les plus hauts d’Europe, et son altitude moyenne est de 2200m.
La journée d’hier nous a conduit dans le Haut Queyras.
Premier arrêt à Aiguilles, traversé par Le Guil, dont des habitants enrichis aux Amériques, construisirent des villas de style inspiré de l’émigration sud-américaine.
Puis Abriès, pionnière de l’alpinisme. Le village fut plusieurs fois victime d’incendies et d’inondations. La crue de 1728 emporta le cimetière et le porche de l’église.
Enfin l’Echalp, détruit par une avalanche en 1948, point de départ d’une randonnée qui nous mena au belvédère du Viso.

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